Travailler au noir au Japon

Avant toute chose, je préfère vous prévenir que je n’écris pas cet article pour vous inciter à venir travailler au noir au Japon !

Je ne vais parler que de ce que j’ai pu observer et expérimenter afin de vous montrer la face cachée du travail au Japon. Ici, ce travail illégal (appelé 不法就労 – fuhoushuurou) est une réalité pour beaucoup d’étrangers (mais aussi de Japonais) qui n’ont souvent pas la possibilité ou l’envie de faire autre chose. Certains le font par choix, pour la facilité et d’autres par nécessité, pour arrondir leurs fin de mois par exemple.

Comme vous pouvez vous en douter, si j’en parle ici, c’est que j’y suis passé moi aussi. Et sans même le vouloir !

Mon expérience

En arrivant au Japon avec mon Working Holiday Visa, je me suis mis à chercher un premier emploi après quelques semaines et inutile de vous dire que je n’ai pas essayé de décrocher un poste de PDG dans une grosse boite ! ! Je n’avais clairement pas un niveau suffisant en japonais et je ne me voyais pas postuler un poste dans une grosse entreprise ici.
Au début, je regardais les petites annonces et en marchant en ville un jour, je suis tombé sur une offre pour un petit boulot dans la restauration. Et pour un restaurant français en plus ! Le patron était un Japonais qui avait étudié la gastronomie française et qui cherchait à recruter des aides en cuisine.
Inutile de dire que j’ai été pris pour le poste avant même la fin de l’entretien et j’ai commencé à travailler dans les jours qui ont suivi. J’ai vite compris que rien n’allait être déclaré car je n’ai jamais vu la couleur d’un contrat. Mes horaires étaient décidés au jour le jour en fonction des besoins en personnel et mon salaire m’était versé en liquide chaque fin de mois.

Pour lire le récit complet de mon aventure dans cet établissement, allez lire cet article que j’ai coécrit avec un autre français qui y a bossé aussi !

Il n’y a pas eu d’arnaque et je n’avais manifestement pas été le premier à bosser au noir dans cet établissement. C’était une petite entreprise familiale et le patron embauchait toujours ses employés de cette façon, le plus naturellement du monde. Ça a été une expérience comme une autre finalement et je suis quand même bien content d’avoir trouvé ce premier baito qui m’a permis de développer mes connaissances en japonais et de gagner assez d’argent pour éviter de fumer toutes mes économies de l’époque.

J’ai eu plusieurs autres opportunités de travailler au noir ici et cela m’a permis de gagner pas mal d’argent. Et croyez-moi je suis loin d’avoir été le seul dans ce cas. Des Français et d’autres étrangers qui bossaient au noir ici et là, j’en ai croisé plein !

À lire aussi : Le VRAI coût de la vie au Japon !

Que ce soit parce que leur salaire est trop bas ou juste pour faire plus d’argent, de nombreux étrangers, mais aussi des Japonais, se tournent parfois vers l’illégalité pour arrondir leurs fins de mois. Des collègues Japonais m’ont déjà avoué faire des petits boulots le weekend en plus de leur travail principal. Le problème au Japon, c’est que les entreprises qui vous embauchent à plein temps vous précisent bien qu’il y a une clause d’exclusivité. En gros, vous ne pouvez pas être employé par une autre boite pendant la durée de votre contrat.
Perso, j’ai déjà travaillé pour deux entreprises en même temps et je ne le referais plus jamais ! Déjà chaque boite me cassaient les %?¡¤∉ pour que j’arrête de bosser pour l’autre. Et puis travailler 6 jours sur 7 pendant des semaines et des semaines m’a littéralement transformé en zombie et enlevé toute motivation pour faire quoi que ce soit d’autre.

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Les secteurs qui recrutent au noir

Même au sein d’un pays aussi organisé et réglo que le Japon, il y a en fait pas mal de possibilités. Notamment dans la restauration ou l’enseignement, avec les cours de langues privés ou même dans le milieu de l’art (mannequinat, figurant, comédien, etc.). Le monde de la nuit recrute aussi de plus en plus d’étrangers. Bars, boites de nuits, izakayas, host-clubs ou autres établissements aux services disons plus intimes ! Notez qu’il vous est légalement interdit de travailler dans ces milieux si vous êtes venus avec un Working Holiday Visa. Si on vous embauche quand même, ce sera donc forcément au noir.
Ces secteurs ont de gros besoins en main-d’œuvre et de plus en plus de mal à recruter. C’est dû en partie au fait que la population diminue et qu’il y a de moins en moins de jeunes disponibles sur le marché du travail. Les étrangers sont donc des candidats idéaux pour ce genre de petits boulots que les Japonais ne veulent plus faire. Il vous suffit en général de parler un peu japonais (un niveau JLPT 4 ou 3 est souvent suffisant) et d’avoir un minimum d’expérience ou tout simplement d’être disponible à ce moment-là !

Quelles attentes avoir pour un salaire au noir ?

Niveau rémunération, ne vous attendez pas à des folies même si les patrons sont réglos. Vous serez très probablement payé au SMIC local, c’est-à-dire entre 800 et 1200 yens de l’heure en moyenne en fonction des régions. Pas une fortune donc, mais comme vous ne payez pas d’impôts dessus, c’est tout bénéf pour vous.
Si vous donnez des cours de langues privé, vous pourrez fixer vos propres tarifs. Pour certains types de travail, vous pourrez même avoir des avantages en nature (réductions, entrées gratuites, nourriture, alcool, etc).

Lire aussi : Donner des cours de langue au Japon

Je termine cet article en vous réitérant ma mise en garde du début : Ne bossez au black que si vous n’avez vraiment pas le choix. Le Japon applique la tolérance zéro envers toute forme d’activité clandestine. Donc dites-vous bien que si un patron de multinationale surpuissant comme Carlos Ghosn n’a eu droit à aucun traitement de faveur de la part de la justice japonaise, vous n’y aurez sûrement pas droit non plus si vous vous faites choper. Votre employeur peut être victime d’un contrôle de régularisation ou vous pouvez être dénoncé par un collègue par exemple. La conséquence pour vous sera au minimum une exclusion plus ou moins permanente du territoire japonais voire pire. De la prison par exemple.

Ceux qui sont venus plusieurs fois au Japon sur un court laps de temps avec un simple visa touriste ont peut-être déjà eu affaire aux services de l’immigration à l’aéroport. Vous savez donc qu’au bout de plusieurs allers-retours, ils veulent vous voir revenir avec un visa valide pour justifier de votre présence sur le territoire. Ils ne rigolent pas avec ça et vous précisent bien que s’ils vous chopent à travailler sans visa, ça va sentir le bacon pour votre cul.

Vous allez certainement penser que c’est un peu paradoxal voire hypocrite de mettre en garde tout le monde à propos de quelque chose que l’on a fait soi-même. C’est pas faux. Disons que perso ça ne m’aurait pas dérangé d’être déclaré. À l’époque, je voulais juste travailler et faire de l’argent. Je n’avais pas l’impression de prendre des risques énormes en faisant ça, mais je ne pense pas que je le referais.

Le truc surtout, c’est qu’il y a beaucoup plus d’avantages à bosser de manière déclarée. Alors, les impôts vont vous tomber sur le coin de la tronche et ça va faire mal, ça c’est sûr. Mais si vous bossez en étant déclaré, vous allez pouvoir bénéficier d’une assurance santé, souvent fournie par votre entreprise ou encore d’indemnités de chômage via pôle emploi Japon (Hello Work ici) si vous arrêtez de travailler et que vous avez cotisé. Mais le plus important, c’est que travailler légalement va vous permettre de demander à votre entreprise de vous sponsoriser pour obtenir un visa de travail auprès de l’immigration.

Car après tout c’est certainement la raison pour laquelle vous travaillez au Japon : afin de pouvoir rester y vivre.

Partagez et bien sûr lâchez un com’ si vous avez un avis ou un retour d’expérience sur le sujet. C’est toujours intéressant d’avoir des témoignages.

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À bientôt sur MycrazyJapan !

 

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