La pauvreté au Japon

Salut à tous ! Cette fois, un article sur le Japon bien sûr, mais un sujet un peu différent de ce que je traite d’habitude : La pauvreté au Japon. 

Le Japon est un pays riche c’est indéniable. Et quand je dis riche, je parle de la population : Les japonais sont des citoyens riches, avec un fort pouvoir d’achat. Tout le monde vie confortablement mais en revanche, il est faux de penser qu’il n’y a pas de pauvreté ici. Personnellement, je trouve que le Japon a tendance a mettre sous le tapis cette aspect peu reluisant de sa société même si je trouve qu’il s’occupe relativement correctement de ses pauvres. Le Japon a quand même une face cachée sous sa façade luisante de propreté et d’ordre.

J’ai habité un an dans le quartier de Nishinari à Osaka, qui est considéré comme un ghetto par tous les japonais d’ici. Au début, je pensais que c’était un endroit dangereux car les japonais me le disait tout le temps. En fait, au lieu de violences et de trafics comme on pourrait le penser, c’est juste un endroit où sont relégués tous les pauvres et donc c’est un peu sale c’est tout. Rien à voir avec les ghettos ou les banlieues pauvres qu’on connait en France ou ailleurs dans le monde.

Qui sont les pauvres au Japon et pourquoi le sont-ils devenus ?

Les pauvres au Japon, c’est une immense majorité d’hommes, souvent très vieux. Ce sont très souvent des hommes  célibataires qui n’ont pas pu profiter des bénéfices de la stabilité d’un foyer comme beaucoup d’hommes ici ou qui ont dû s’en faire jeter sans avoir pu économiser suffisamment pour eux-mêmes. La vie étant très chère ici, une partie va vivre dans la rue, dans des abris de fortune en carton et en toile tandis que d’autres vont louer des mini chambres de 5m2 dans des auberges pour vivoter avec 3 sous. À la guesthouse où j’étais avant, la moitié des mini-chambres étaient habitées par des vieux marginaux qu’on ne voyaient presque jamais.

Comment font-ils pour survivre ?

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Un vieux au Super Tamade.

Il existe pas mal de magasins pour les pauvres, chaque ville ayant son enseigne. Les Super Tamade par exemple à Osaka correspondent à notre Netto ou Lidl en France. Des produits de la vie courante moins chers qu’ailleurs, mais parfois de moindre qualité. Comme on est au Japon, ça reste quand même de la bonne bouffe par rapport à la France. Du coup, j’y vais aussi parfois !

Ce qu’on les voit faire le plus souvent, pour les plus pauvres d’entres eux, ceux qui dorment dans la rue, c’est se balader tout le temps en vélo ou en charrette pour collecter les cartons et les canettes métalliques pour les revendre ensuite à un prix dérisoire à des entreprises de recyclage. Le phénomène existe déjà en Allemagne. Là-bas, ce sont les bouteilles en verre que ramassent les clodos.

Tous les pauvres ici ne sont pas forcément à la rue et sans emploi car au Japon, il existe un grand nombre de petits boulots qu’ils peuvent effectuer, comme dans la construction ou le nettoyage. Des boulots dont personne d’autre ne veut et comme il n’y a pas d’étrangers pour s’y coller, c’est à eux de le faire. Mais le salaire minimum horaire étant très bas pour ce genre d’emplois (entre 800-1000¥/H), il ne permet pas de vivre convenablement.

Il y a également des distributions gratuites de nourriture dans certains quartiers. Je n’en suis pas sûr, mais je crois que ce sont des assos ou la ville elle-même qui redistribue des surplus alimentaires ou des aliments presque périmés.
Les clodos refusent donc parfois de l’argent ou de la nourriture car ils disent qu’ils iront à la distribution gratuite plus tard. L’honneur est plus fort que la nécessité…

Les différences avec la France.

– Les sans-abris ici ne font pas la manche. Je n’ai encore jamais vu dans tout le Japon, de sans-abris ici avec une pancarte pour quémander des pièces ou vous arrêter dans la rue pour vous demander quelque chose. Ce n’est vraiment pas dans leur culture de déranger les autres pour leur soutirer quelque chose et surtout de l’argent. La pauvreté n’est donc pas « agressive » au Japon même si elle est bien présente.

– La pauvreté concerne quasi exclusivement les vieux ici. Les japonais restant en général jusqu’à un âge assez avancé chez leurs parents, ils sont moins touchés par ce fléau.

– Les japonais ont aussi tendance à ignorer superbement les SDF. Personne ne s’arrête dans la rue pour leur donner quelque chose, pour leur parler ou voir si quelque chose ne vas pas. C’est toujours la police qui intervient et/ou les ambulances si nécessaire. En France aussi vous me direz, mais pas autant j’ai l’impression. Il y a souvent des collectifs ou des assos spécialisées qui passent voire des passants qui s’arrêtent.

– Vous ne verrez pas non plus de « punk à chiens », de squatteurs ou de personnes qui se sont mise à la rue volontairement ici. Être SDF n’est clairement pas un choix ni un style de vie ici. Du coup, cela engendre moins de comportements violents et de problèmes liés à d’éventuelles rixes ou rivalités entre jeunes alcoolisés.

La propreté est aussi primordiale partout et il n’y a pas vraiment de quartiers ou de zones laissées à l’abandon par les municipalités. Les poubelles sont ramassées partout, les rues nettoyées et les SDF déplacés quand ils s’installent en trop grand nombre. Ils sont d’ailleurs assez mobiles en général et préfèrent parcourir la ville pour trouver des objets plutôt que stagner dans un endroit. Il n’y a pas de zones laissées à l’abandon.

On a aussi l’impression que les pauvres au Japon ne sont pas une catégorie sociale exclue, mais qu’ils ont bien une place dans cette grande fourmilière qu’est la société japonaise. Ils trient les poubelles, participent au recyclage, occupent des emplois dont personne ne veut, etc.

En général, les SDF ou les vieux marginaux qui traînent dans la rue et les petits bars miteux sont assez sympas. Même si la plupart ont des allures de Bosozokus ou de Yankees -et l’ont d’ailleurs probablement été !-, la plupart sont très avenants, surtout avec les étrangers. Ils abordent facilement les gens, proposent des coups à boire et racontent tout un tas de choses qu’on comprend rarement.

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Typique d’un pauvre au Japon : Un homme vieux, à la rue, tirant une charrette de cartons et de canettes..

Je rajoute un petit paragraphe pour préciser que les français aussi peuvent être affectés par la pauvreté au Japon et tout particulièrement ceux qui viennent en Working Holiday. Comme je le disais au début, le Japon est un pays riche où la vie est chère. Et sans un travail avec un revenu décent, il n’est pas facile d’y vivre correctement et de profiter de tout ce que ce pays à nous offrir (voyages, activités, vie courante, …) et il y a beaucoup de choses à faire et à voir au Japon ! Le coût de la vie est élevé et si vous n’avez pas suffisamment d’économies ou un boulot qui paye mal, vous pouvez rapidement vous retrouver à vivre comme un pauvre, à ne pouvoir rien faire ou pire à devoir écourter votre séjour ici.

Voilà c’est tout sur le sujet ! J’espère que cet article vous en aura appris un peu plus sur cet aspect de la société japonaise. Si vous avez des commentaires ou des questions sur le sujet, n’hésitez pas à les poser !

 

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