Les fruits au Japon : Entre luxe, originalité et perfection

Pour cet article, on va parler fruits et légumes ! Ouais ça peut paraître anodin comme ça, mais faire ses courses dans un pays étranger et surtout au Japon, ça ressemble parfois à Rendez-vous en terre inconnue combiné avec Koh Lanta ! Au début on découvre des végétaux mystérieux sans même pouvoir identifier si ce sont des fruits ou des légumes. Moi même ça m’arrive encore d’acheter des produits au pif en me disant « Allez on verra bien quel goût ça a... » Sur les étalages japonais, on trouve évidemment des fruits et des légumes communs comme les tomates et les pommes de terre, mais beaucoup d’autres bien plus exotiques comme le pitaya, le gobo ou l’okra. Tous ne sont pas originaires du Japon, mais tous sont très consommés sur l’archipel.

Un autre truc que vous avez du remarquer si vous avez déjà fait vos courses au Japon, c’est que les fruits en vente sont proches de la perfection. Des décennies de sélection drastique des meilleures graines les ont rendu irréprochables. Chaque région a choisi une ou plusieurs variétés et a tout mis en oeuvre pour sélectionner les meilleurs éléments. Donc rien n’a meilleur goût qu’un oignon d’Awaji-shima ou une mandarine de Wakayama.

Le Japon est aussi réputé depuis longtemps pour développer ses propres hybrides fruitiers et a donné naissance à des fruits merveilleux, stériles pour la plupart, mais sans imperfections. Et ne vous inquiétez pas trop : Toutes ces hybridations et ces fruits améliorés sont le fruit – petite blague – de greffes et de croisements faits par l’homme entre plantes. Donc pas de mec en blouse blanche dans un laboratoire en train de créer des plantes zombies dans des tubes à essai.

Pour finir, je dirai que le petit plus au Japon, au-delà de vendre des fruits parfaits, c’est de proposer des fruits originaux. Marketing is business.

Voici donc une sélection de quelques fruits japonais qui valent vraiment le coup d’œil pour leur originalité ou leurs qualités.

Les fraises blanches : Ce sont diverses variétés de fraises rouges qui ont été sur-sélectionnées pour ne garder que les spécimens les plus pâles. Il y a entre autres, la Shiroi Houseki (le Joyau Blanc) et la Pineberry. Cette dernière est assez petite, blanche avec des graines rouges a un goût proche de l’ananas d’où son nom ! Elles sont toutes franchement jolies et apparemment délicieuses mais je vous raconte pas le prix. Autant acheter de la cocaïne, ça revient à moins cher… Voici une petite vidéo sur les Shiroi Houseki, où leur producteur explique comment il les produit et pourquoi elles coûtent si cher.

Les pastèques carrées : Ici pas de modification génétique : Ces pastèques ne poussent pas carrées toutes seules, mais sont élevées dans des boites pour leur donner cette forme qui est clairement plus pratique pour entasser les fruits. Mais bon apparemment il n’y a que les japonais qui y ont pensé ! Dans le même genre, j’ai vu qu’ils font aussi pousser des oranges en forme d’étoile ! Les pastèques au Japon se vendent aussi parfois à des prix astronomiques !

Le Yuzu : (柚子 ou ユズ) Lui, c’est mon petit préféré ! C’est un mélange de mandarine sauvage et d’une variété de citron. Le goût est comme vous pouvez l’imaginer, doux et sucré, mais pas acide du tout. L’odeur est très particulière et reconnaissable. On retrouve du Yuzu dans beaucoup de produits : en confitures, thé, confiserie, etc. C’est aussi la base de la sauce Ponzu très utilisée ici dans la cuisine japonaise.

Le Dekopon : Appelé aussi 不知火(shiranuhi), celui-là c’est l’hybride suprême. Il est l’hybride des variétés kiyomi et ponkan qui sont eux-mêmes obtenus à partir d’hybrides de mandarines et d’autres citrus. On le reconnaît au fait qu’il a une petite protubérance, qu’il n’a évidemment pas de pépins et son goût est très doux.

Les Dekopons qui ont la forme d’une calebasse.

Les Rainbow kiwis : Alors ce n’est clairement pas un fruit japonais, je miserai plutôt sur la Nouvelle-Zélande mais il y a un vrai engouement au Japon pour ce fruit. On en trouve pleins en été et j’en ai jamais vu en France. C’est une nouvelle variété développée il y a quelques années dont l’intérieur est un peu rouge-violet. C’est très fancy et très bon, un peu comme le Gold kiwi.

Les poires : Et ouais les poires japonaises appelées nashi sont en forme de pomme. Elles sont plutôt mastoc mais elles ont globalement le même goût que nos poires en France. Là aussi il y en a des tas de variétés et les prix sont en général assez élevés. J’ai déjà vu un coffret deux poires à 1000¥…

Le Daikon : Je finis sur un légume (j’aurai jamais pensé écrire cette phrase un jour 😆  ) avec le Daikon, un radis blanc géant très consommé au Japon. Il peut-être râpé, transformé en purée, fermenté, mariné ou tout simplement coupé et mangé cru avec du sel comme en France. Les plus gros spécimens sont sérieusement long comme le bras.

Sinon pour ceux qui s’étonnent des prix astronomiques des fruits au Japon, sachez que c’est également parce qu’ils sont considérés comme des cadeaux de valeur et non des biens de consommation courante. Ici, on s’offre des pastèques, des mangues ou encore une belle grappe de raisins en cadeau et donc mettre le prix dans ces fruits parfaits c’est offrir un cadeau de valeur. Les fruits sont souvent sur-emballés et exposés dans des boites luxueuses pour les mettre en valeur comme on le ferait avec des bijoux. La deuxième raison qui explique ce surcoût ce sont les frais de production importants : La main d’oeuvre japonaise est qualifiée et nombreuse afin de gérer au mieux toutes les étapes de la production. Les fruits sont généralement grandis en serre dans des plantations hyper-spécialisées et le rendement est logiquement faible à cause de la sur-sélection pour répondre aux critères esthétiques draconiens. Tout ceci entraîne un coût final très élevé que beaucoup de japonais sont malgré tout enclins à payer pour protéger la qualité et leur production nationale.

Il y a évidemment des tas de fruits japonais dont je n’ai pas parlé (les prunes -ume-, les kakis, les melons, etc) mais j’ai choisi ceux qui me paraissait sortir un peu de l’ordinaire.

Je conclus sur quelques interesting facts :

– Vous savez certainement qu’au Japon, il y a des cerisiers absolument partout, car leur floraison est magnifique. Et pourtant cette espèce est purement ornementale et stérile et ne porte aucun fruit ! Il y a tout de même une variété de cerise purement japonaise appelée satonishiki ou sakuranbo et qui coûte aussi la peau des fesses.

– Au Japon, beaucoup de gens ne mangent pas la peau des raisins ! C’est très bizarre de les voir presser les raisins comme du papier bulles avant de les avaler !

– Je ne sais pas si vous avez déjà goûté à l’umeshu, l’alcool fait à base de prunes macérées dans de l’alcool de riz, mais c’est vraiment quelque chose à tester. C’est doux et très sucré et pas très fort (moins de 10°C). C’est le genre de souvenirs que je conseille de ramener du Japon.

Voilà, j’espère que cet article vous aura intéressé et vous en aura appris plus sur ces fruits japonais si spéciaux ! Si ça vous a plu, je pense que je ferai un article sur les légumes un de ces jours. ^^

À bientôt sur MycrazyJapan !

 

3 Comments

  1. wow, effectivement, c’est bizarre… est ce qu’ils ont plein d’insecticide sur leur fruit ? ou les faire pousser en serre évite ça ?
    est ce que ça veut dire qu’ils n’ont pas de potager chez eux ? (en dehors des villes bien sur)
    c’était très intéressant à lire

    • Pour les insecticides je sais plus, je veux pas dire de bêtises mais je crois qu’ils en utilisent pas trop c’est pour ça qu’ils perdent plus de leur production et que donc ça revient plus cher. Et sinon oui les japonais ont du mal à avoir des jardins sauf à la campagne. Il y a peu de place ici…

  2. Ahahahah cela semble fou! Mais on doit reconnaitre que les pastèques carrés, c’est plutôt bien pensé !
    Woooow elle font flipper les fraises blanches!
    Super article!
    Ahaha je savais pour les cerisier! !!!

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