Travailler dans une école de langue au Japon

Le bon plan en tant qu’étranger au Japon, c’est de travailler dans une école de langue pour enfants, un kindergarten ou youchien (幼稚園) en japonais. Comme j’y ai travaillé pendant des années ici et pour plusieurs écoles différentes, j’ai décidé de me fendre d’un article pour vous raconter comment ça se passe.

Alors déjà, il faut savoir qu’il y a plusieurs avantages à exercer cette profession.

Le premier, c’est que vous pourrez obtenir un statut d’enseignant, d’instituteur, sans forcément avoir besoin d’expérience dans le domaine ou de diplômes dans l’éducation pour postuler. Évidemment, c’est mieux si vous en avez, ça vous ouvrira plus de portes. Mais parfois les écoles sont peu regardantes car elles sont en manque de personnel. Être enseignant est un statut assez valorisé au Japon et une position intéressante à avoir et c’est un travail que font beaucoup d’étrangers.

Le deuxième, c’est que les écoles de langues privées poussent comme des champignons depuis des années. Apprendre une langue étrangère, souvent l’anglais, est devenu un impératif pour les étudiants de tous âges et le secteur recrute énormément. Vous n’aurez donc aucun mal à trouver des offres d’emploi, surtout si vous cherchez dans les grandes villes.

Le troisième, et j’y reviendrai plus loin dans cet article, c’est l’opportunité de se faire sponsoriser pour obtenir un visa de travail et rester vivre au Japon.

Quelles sont les conditions salariales ?

Les salaires sont plutôt corrects. Sur les dizaines et dizaines d’offres d’emploi que j’ai pu passer en revue lors de mes recherches d’emploi, les salaires d’entrée variaient entre 200.000¥ et 350.000¥ par mois pour un boulot à temps plein, en fonction des villes et des responsabilités. Je ne sais pas si ce genre de poste est aussi bien rémunéré en France, mais au Japon c’est un salaire assez confortable pour vivre.

Le bémol pour nous autres francophones, c’est qu’une immense majorité des offres d’emplois proposent d’enseigner l’anglais. Je dirai que le ratio d’écoles anglophones est de 9/10 par rapport aux autres langues. Le français a plutôt la côte, mais reste une langue assez peu apprise.

Dans les écoles dites internationales, la langue enseignée est quasi-exclusivement l’anglais. Donc dans les annonces que vous verrez, les écoles ne chercheront que des anglophones dit « natifs ». Ce n’est pas non plus une fin en soi, car si votre niveau d’anglais est satisfaisant, rien ne vous empêche de postuler et vous trouverez sûrement des écoles pour vous embaucher. J’ai vu de nombreuses nationalités bosser dans le domaine de l’enseignement ici donc ce n’est pas la chasse gardée des anglophones natifs. Si en plus, vous avez un peu d’expérience ou un diplôme dans l’enseignement, ce sera encore plus simple.

Si vous sortez des grandes villes comme Tokyo ou Osaka, les annonces se feront évidemment un peu plus rares, mais le nombre d’étrangers sera beaucoup moins important aussi. Donc moins de concurrence lors de la recherche d’emploi signifie plus de chances de se faire embaucher. En ce qui me concerne, j’ai pu obtenir sans trop de difficultés des entretiens d’embauche et je ne suis pas le seul Français dans ce cas. Je précise aussi que j’ai postulé exclusivement à des offres en anglais car j’ai vu passer vraiment très peu d’offres pour enseigner le français.

Les conditions de travail

Le travail en lui-même n’est pas très difficile. Il suffit d’apprendre les bases de l’anglais aux charmants bambins Japonais, dans la joie et la bonne humeur ! Peu importe l’âge de vos élèves, le boulot de prof, c’est 50 % professeur, 50 % one-man-show en fait ! En gros, préparez vos propres leçons, animez des jeux et des activités et vous  participez aux évents de l’école. C’est un bon moyen de rencontrer d’autres étrangers qui sont aussi dans le milieu. Si vous tombez au sein d’une entreprise bienveillante et d’une bonne équipe, vous verrez que c’est vraiment un travail qui sera plaisant.

Il y a énormément d’écoles privées internationales au Japon. Ça commence du jardin d’enfants jusqu’au niveau lycée, donc vous pouvez enseigner à vraiment tous types d’élèves. Si vous voulez trouver des offres d’emploi pour des écoles, allez écumer les sites de recherches d’emploi japonais que je vous ai listé dans cet autre article. Le pic d’offres se situe entre janvier et mars car l’année scolaire commence en avril au Japon et les écoles recrutent et forment leurs nouveaux employés en avance.

Obtenir un visa

L’autre gros bonus, c’est que ces écoles vous sponsoriseront presque toujours pour l’obtention d’un visa de travail (si vous n’êtes pas à temps partiel). Comme je vous l’expliquais dans cet article, sans un emploi répondant à certaines conditions (notamment en termes de volume horaire et de salaires), il est presque impossible d’espérer obtenir un visa de travail pour rester au Japon. Donc ces écoles sont à mon avis, une voie royale pour obtenir facilement un premier visa de travail pour rester au Japon.

Et puis si vous n’êtes pas un grand fan des enfants ou de l’enseignement, rien ne vous empêche de faire ce boulot quelque temps au début, le temps de vous stabiliser au Japon niveau visa pour ensuite vous tourner vers du travail dans votre secteur.

Les abus dans le secteur

Les cas d’abus de la part des écoles ne sont pas rares. J’ai eu vent par des collègues et connaissances de nombreux cas d’injustice et d’exploitation salariale. Et j’en ai aussi été victime moi-même ! Pression managériale, délais impossibles à tenir, travail supplémentaire non rémunéré et autres conditions de travail farfelues sont des dangers auxquels vous serez exposés même si vous travaillez dans un jardin d’enfants.

Je précise que cela n’a d’ailleurs pas forcément de rapport avec le fait que nous soyons des étrangers, les Japonais sont également victimes de ces injustices. Mais nous avons une façon différente de réagir face à ce genre de situations. Surtout nous Français, habitués à avoir de nombreux droits en tant qu’employés. Au Japon, la culture d’entreprise est vraiment différente de celle en France.

Lire aussi : Travailler pour une entreprise japonaise

Le seul conseil que je puisse vous donner c’est de bien vous renseigner au préalable sur les écoles pour lesquelles vous voulez travailler. Essayez de trouver des avis et des témoignages d’anciens employés sur Internet pour vous faire une idée du fonctionnement et de l’ambiance au sein de votre future entreprise.

L’avenir du secteur

Pour finir, parlons un peu de l’évolution probable du domaine de l’enseignement des langues étrangères au Japon. Mon avis c’est que les conditions risquent d’évoluer plutôt négativement.

Actuellement, le marché et en plein boom et il va tôt ou tard atteindre un pic. Cet effet sera probablement accentué du fait que la population japonaise diminue assez rapidement et que le quota d’élèves va par conséquent forcément diminuer.

En parallèle, depuis quelques années déjà, le nombre d’étrangers vivant au Japon augmente et du coup, les écoles ont moins de difficultés à recruter leurs profs. Les salaires proposés sont donc inférieurs à ce qu’ils étaient il y a 10 ou 20 ans par exemple. Et la démocratisation de ce type d’emploi a conduit à embaucher de nombreux étrangers qui n’ont pas forcément les formations nécessaires pour enseigner. Tout ceci a donc malheureusement contribué à ternir l’image de la profession et à pousser les meilleures écoles à durcir leur processus d’embauche.

C’est toujours un métier intéressant à effectuer, pour les avantages que j’ai cité plus haut et puis pour le fun tout simplement. Mais ce n’est pas un eldorado et il risque d’y avoir pas mal d’obstacles sur votre chemin dans votre recherche de l’emploi parfait.

J’espère que cet article vous a intéressé a apporté les informations que vous recherchiez sur le sujet. N’hésitez pas à laisser un commentaire pour faire part de votre expérience ou si vous avez des questions !

À bientôt sur MycrazyJapan !

 

5 Comments

  1. est-ce que tu avais un programme à suivre ? un niveau à leur faire atteindre (malgré leur age ^^)
    Comment tu t’y est pris pour préparer leur cours (si cours il y a eu à préparer)

  2. Oh bah non, le dernier lien est mort pour ton article sur les sites de recherche d’emploi japonais… 🙁
    Sinon, t’avais trouvé ton boulot sur quel site ?
    Ça doit être sympa de travailler avec des petits japonais (épuisant aussi j’imagine).

    • Désolé pour le lien Ben, j’ai fait une fausse manip’. Normalement il est rétabli. Check et dis moi si c’est bon !
      Moi j’avais trouvé sur GaijinPot, il y a beaucoup d’offres dans l’enseignement. Un boulot sympa mais épuisant!

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