Devenir auto-entrepreneur au Japon

Avec cet article en guest-blogging, je vous propose de découvrir le parcours d’Alexandre, créateur de la boutique Tokyo Sakura Shop qui se confie sur son expérience personnelle et se propose de vous expliquer en détails la procédure pour devenir auto-entrepreneur au Japon.

Depuis plusieurs années, le Japon attire de plus en plus de touristes internationaux, mais pas seulement. Nombreux sont ceux désirant venir avec d’autres types de visa afin d’y étudier la langue, d’y travailler et éventuellement se lancer en « freelance« .

Vous l’avez compris, c’est de ceux dans ce dernier cas dont nous allons parler ici. Et c’est à travers mon expérience personnelle que je vais essayer de répondre à vos questions sur le sujet. En effet, après un an de vie au Japon, j’ai décidé en parallèle de mon travail et de mes études de me lancer en tant qu’auto-entrepreneur.

Comme vous le savez sûrement, être auto-entrepreneur, au Japon ou ailleurs, c’est décider de se lancer dans un petit business ou un petit commerce seul et en se reposant uniquement sur son savoir-faire et ses compétences personnelles. Et comme pour n’importe quelle type d’entreprise, il faut d’abord s’assurer d’avoir trouvé la bonne idée avant de se lancer.

Personnellement, j’ai choisi de me lancer dans l’exportation de produits japonais en France et dans le monde entier ainsi que de me lancer dans la création d’une marque de vêtements et de produits dérivés sur le thème du Japon.

J’ai choisi de développer un petit commerce autour de ces thématiques car je me sentais animé et passionné par cet univers-là. En effet, quand on décide de se lancer dans l’entrepreneuriat, il est capital de le faire par passion. Une motivation maximum permettra de s’investir à fond dans le développement de son commerce. Car il faut en être conscient : la route est longue et semée d’embûches et il faudra s’accrocher. Et les premières années sont généralement les plus difficiles.

Au préalable, une phase de préparation minutieuse est bien sûr capitale afin de déterminer les coûts à supporter avant, pendant et une fois votre commerce officiellement lancé. Il revient évidemment à chacun d’estimer le temps et quels moyens allouer en fonction de l’activité dans laquelle il souhaite se lancer.

Car dans l’auto-entreprenariat, il n’y a pas de chemin tout tracé. Chacun suit la voix qu’il s’est lui-même imposé. Vous restez à tout moment le seul responsable du développement de votre activité et par conséquent de sa réussite ou de sa faillite !

Pour vous aider : Comment réussir au Japon ?

Devenir auto-entrepreneur au Japon
Quelques produits vendus par la boutique Tokyo Sakura Shop.

Cela étant dit, intéressons-nous maintenant au Japon !

Il faut savoir que le Japon possède un statut spécifique pour les auto-entrepreneurs appelé :  Kojin Jigyo (個人事業).

Sachez aussi que sur l’archipel, la démarche pour devenir auto-entrepreneur est gratuite et ne consiste en fait pas en une demande de visa. Pour vous expliquer simplement le fonctionnement, vous devez être résident au Japon et déjà avoir en votre possession une carte de résident appelée zairyu card 在留カード afin de pouvoir déclarer une adresse fiscale sur l’archipel.

Notez que le type de visa que vous possédez (permanent, Working Holiday Visa, visa étudiant, époux(se), etc.) n’a aucun impact sur l’attribution de ce statut.

Lire aussi : Pourquoi le WHV est le meilleur visa pour immigrer au Japon !

Vous l’avez compris, vous ne pouvez donc pas venir sur l’archipel en touriste afin de vous y établir officiellement en tant que freelancer. Car afin de pouvoir se lancer légalement dans l’aventure de l’entrepreneuriat au Japon, il est nécessaire de posséder au préalable une adresse fiscale ainsi qu’un compte en banque et un numéro de téléphone japonais.

Ce site (en anglais) décrit plus en détails le processus et les documents à fournir et parle également des quelques embuches qui vous attendent probablement en chemin.

Une fois que vous remplissez les conditions nécessaires et que votre dossier est fin prêt, vous devrez vous rendre au bureau des taxes (zeimusho – 税務署) de votre quartier de résidence. Pour ma part, je me suis rendu au bureau des taxes de Shinjuku au niveau de la mairie. Là-bas certains staffs parlent anglais et ils m’ont aidé à remplir les papiers.

Mais comme vous devrez vous rendre à la mairie de votre arrondissement pour vous déclarer et que toute la documentation est en japonais, si vous ne parlez et ne comprenez pas correctement le japonais, je vous conseille de vous y rendre avec un ami japonais ou un local pour vous assister.

La procédure est cependant très simple : on vous soumet un formulaire à remplir où vous devez déclarer votre type d’activité et fournir vos informations personnelles. Et c’est à peu près tout, vous voilà officiellement auto-entrepreneur au Japon !

De plus vous pouvez faire cette déclaration jusqu’à deux mois après votre première commande. Vous pouvez même commencer à exercer et vendre sans officiellement vous déclarer ! À noter qu’après cette période de deux mois, vous serez cependant considéré comme exerçant une activité illégale si vous ne vous déclarez pas auprès de votre mairie de résidence. Il est donc recommandé de lancer la procédure le plus rapidement possible.

Une fois votre activité mise en place et votre déclaration enregistrée, chaque année suivante, entre février et mars, vous devrez déclarer les revenus liés à votre activité.

En fonction du montant de vos revenus, il sera décidé si vous êtes imposable ou non. Il faut savoir qu’il y a une méthode particulière pour déclarer ses revenus. Mais pas d’inquiétudes à avoir, vous trouverez toutes les informations concernant cette procédure auprès du bureau des taxes de votre ville de résidence.

Pour plus d’informations concernant la freelance au Japon, vous pouvez consulter l’association Freelance France Japon (FFJ). Créé en 2008, ce réseau de professionnels indépendants franco-japonais basé à Tokyo a pour objectif de fédérer les professionnels indépendants pratiquant dans la sphère francophone-japonaise, qu’ils soient établis au Japon ou en dehors.

En plus des informations sur leur site, ils organisent régulièrement des rencontres entre membres où toute personne désireuse d’intégrer le collectif est la bienvenue.

Le site de Freelance France Japon

Des commandes en préparation.

Gardez bien à l’esprit que le statut d’auto-entrepreneur vous permet uniquement d’exercer dans le cadre de votre activité personnelle. Vous ne pouvez pas embaucher ou rémunérer quelqu’un dans le cadre de cette activité. Il faut aussi prendre en considération le fait que être freelancer au Japon n’est qu’un statut.

Afin de pouvoir rester au Japon et exercer en freelance, il vous faudra avoir et pouvoir renouveler un visa (travail, époux, permanent, etc.) ou décider de passer à l’étape supérieure en faisant une demande de visa entrepreneur (business visa) si le développement de votre activité le permet.

Il faut toutefois bien tenir compte du fait qu’au Japon, le visa entrepreneur, appelé kojin jigyo (個人事業), Investor / Business Manager visa en anglais n’est en rien la prolongation naturelle du statut de freelancer. Pour la simple raison que le visa entrepreneur est comme son nom l’indique un visa alors que la freelance n’est qu’un statut légal.

Afin de pouvoir faire une demande de Business visa auprès de l’immigration japonaise pour passer du statut d’auto-entrepreneur à celui de véritable entreprise, il vous faudra notamment avoir amassé une trésorerie de 5 millions de yens. Vous trouverez plus d’infos sur ce site japonais de consulting (en anglais).

Pour en savoir plus sur le visa entrepreneur et sur comment monter une entreprise au Japon, je vous recommande de visionner la vidéo ci-dessous qui contient deux interviews à ce sujet.

Autre retour d’expérience sur le sujet : Monter un business sans parler japonais ?

Voilà, j’espère que ces informations vous aura aidé si vous aussi vous avez un projet similaire. Si vous hésitez encore à vous lancer, n’hésitez pas ! L’aventure est longue, mais le jeu en vaut la chandelle et c’est toujours de l’expérience de prise.

De mon côté, après 8 mois de travail, j’ai enfin pu sortir mon site de vente de produits japonais en ligne que je vous invite à visiter, ainsi que ma marque de vêtements et de produits dérivés : Genso.

Visitez : Tokyo Sakura Shop

Et malgré les hauts et les bas, j’encourage vivement toutes les personnes qui se posent des questions à ne pas hésiter à franchir le pas et à se lancer dans l’aventure de la freelance au Japon !

Voilà, c’est tut pour ce témoignage. Je remercie à nouveau Alexandre pour cet article.

À bientôt sur MycrazyJapan !

 

3 Comments

  1. Freelance Japon n’est pas une association pour l’aider à l’installation, mais un réseau de travailleurs indépendants déjà installés professionnellement et juridiquement dans la sphère franco-japonaise. Nous ne pourrons pas répondre aux questions posées sur les démarches à suivre pour devenir travailleurs indépendant au Japon. Merci d’en tenir compte !

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